Comment nos étudiants diplômés contribuent à des questions complexes de notre société ? – Journée mondiale de la femme

Charlotte Dahin

Doctorante – Institut d’études féministes et de genre

La violence fondée sur le genre

Parlez-moi de votre parcours ?

Avant de débuter le programme de doctorat à l’Université d’Ottawa, j’ai réalisé un bachelier en droit (Université de Namur) et une maîtrise en droit (Université Catholique de Louvain) en Belgique. Je faisais également partie d’une association étudiante dont l’objectif était d’organiser des actions de sensibilisation aux droits de la personne sur le campus universitaire. Après cela, j’ai fait une maîtrise en droit international public au Royaume-Uni. C’est lors de cette maîtrise que mon intérêt pour les expériences des femmes, plus précisément des demandeuses d’asile, qui ont vécu des expériences de violence fondée sur le genre s’est vraiment renforcé.

Qu’est-ce qui vous a motivé ou inspiré à faire de la recherche sur le sujet de la violence sexuelle contre les femmes ?

J’ai toujours eu un intérêt marqué pour les problématiques liées à l’égalité entre les femmes et les hommes. Dans le cadre de ma maîtrise en Belgique, j’ai d’ailleurs écrit une première thèse sur l’accès des femmes aux postes à responsabilité dans le monde des affaires et de la finance. J’ai également suivi une formation en droit international humanitaire lors de laquelle la question de la violence sexuelle à l’égard des femmes dans les conflits armés, notamment du viol comme arme de guerre, a été abordée et a soulevé un intérêt particulier chez moi. A l’époque, j’étais également bénévole dans un centre ouvert pour demandeurs d’asile.

C’est dans le cadre de la maîtrise en droit international que j’ai été sensibilisé aux expériences des demandeuses d’asile qui ont vécu des expériences de violence fondée sur le genre et des difficultés qu’elles rencontrent à plusieurs niveaux du processus d’octroi du statut de réfugié. Grâce au bénévolat et à ma formation, j’avais déjà quelques notions en droit des réfugiés et violences faites aux femmes, mais c’est en réalisant des recherches plus approfondies que j’ai vraiment réalisé les inégalités et les difficultés auxquelles les demandeuses d’asile peuvent être confrontées lorsqu’elles invoquent des violences fondées sur le genre pour obtenir le statut de réfugié.

Pourquoi votre recherche est importante pour la société ?

Les personnes réfugiées nouvellement arrivées se trouvent souvent dans des situations difficiles et sont particulièrement vulnérables. C’est spécifiquement le cas des demandeuses d’asile qui ont vécu des actes de violence fondés sur le genre. Je pense que ces femmes sont trop souvent invisibles et qu’il est important de continuer les recherches pour réfléchir davantage au processus d’octroi du statut de réfugié, processus qui est mal adapté aux femmes qui invoquent des violences fondées sur le genre comme motif de persécution pour obtenir le statut de réfugié. Je pense également qu’il est important de donner la parole à ces femmes, non seulement pour comprendre ce qu’elles traversent et entendre leurs revendications par rapport au cadre juridique et aux programmes d’accueil qui existent, mais également pour dépasser leurs représentations en tant que victimes uniquement.

Dans cette optique, mon projet de recherche permettrait aux revendicatrices du statut de réfugié, d’une part, de rendre visibles leurs expériences et, d’autre part, de s’exprimer sur les règles qui s’appliquent, sur la recherche d’aide et sur le recours aux services pour traverser le processus d’octroi du statut de réfugié avec succès. Je souhaite que mes recherches puissent leur donner l’opportunité de prendre la parole par rapport à ce processus qu’elles ont traversé et mettre en avant leur capacité à être des agents de changement.

Qu’aimerez-vous voir ou accomplir dans le futur à ce sujet ?

J’aimerais que mon projet puisse apporter des changements réels pour les demandeuses d’asile qui ont vécu des expériences de violence sexuelle. Je pense qu’elles n’ont pas souvent l’opportunité de s’exprimer sur ce qu’elles vivent dans le cadre des procédures qu’il faut traverser pour obtenir le statut de réfugié, elles qui sont pourtant les principales concernées par le processus.

Personnellement, je voudrais continuer à faire des recherches concernant les droits des réfugiés et la violence faite aux femmes. J’espère que ce projet pourra se concrétiser. Plus tard, j’aimerais beaucoup travailler auprès d’une organisation internationale qui agit en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes.

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