Descriptifs : Séminaires de maîtrise et de doctorat

Pour des raisons d’accessibilité, les descriptifs des séminaires en français et anglais sont désormais présentés sur des pages séparées.  Consulter les descriptifs en anglais.

2017-2018

ANT 5500 Approches théoriques comparées en anthropologie : Les traditions françaises et anglo-américaines (3 crédits)

Professeur: Mirza, Vincent
Automne 2017

L’objectif de ce séminaire sera d’aborder et de structurer autour de problèmes-clés la pensée théorique ayant influencé l’anthropologie contemporaine francophone et anglo-saxonne. Nous étudierons les convergences, les divergences ainsi que les emprunts et échanges entre anthropologues en mettant l’accent sur la circulation des idées et des théories. Une attention particulière sera de plus portée aux effets des postures théoriques sur l’ethnographie, mais aussi aux effets des terrains et contextes sociohistoriques de production sur la théorisation en anthropologie.


ANT 5541 Méthodologie de la recherche en anthropologie (3 crédits)

Professeure: Laplante, Julie
Automne 2017

Le séminaire offre une occasion d’explorer diverses méthodes de recherche par leur mise en pratique tout au long de la session. À partir des recherches de terrain envisagées par les étudiants et celles de la professeure, il s’agit de comprendre comment une méthode est indissociable d’une approche théorique et de ce que l’on vise mieux comprendre. Ce parcours ce fera en revoyant certaines des grandes lignes historiques et actuelles de la méthodologie de recherche en anthropologie.


ANT 6501 Thèmes choisis en anthropologie politique et changements socioculturels (3 crédits)

Professeur: Vibert, Stéphane
Hiver 2018

À venir


ANT 6502 Anthropologie sociale et culturelle : Enjeux fondamentaux (3 crédits)

Professeure: Vanthuyne, Karine
Automne 2017

Ce séminaire examinera le « tournant spatial » de la littérature en anthropologie des dernières décennies, en s’intéressant plus particulièrement à la manière dont les politiques du territoire et de la territorialité ont été analysées sur une diversité de terrains. En premier lieu, nous examinerons les fondements conceptuels de ce tournant, en considérant comment les notions d’espace ou de territoire ont commencé à être problématisées par un nombre croissant d’anthropologues à partir des années 1990. Puis nous nous intéresserons à la manière dont ces notions sont aujourd’hui mobilisées par les anthropologues pour rendre compte de phénomènes aussi divers que des manières d’être-dans-le-monde différentes, des inégalités de droits d’accès aux services publics, ou des imaginaires contrastés d’appartenance ethnique ou de souveraineté. Parmi les thèmes que nous aborderons figureront : le colonialisme de peuplement, l’autochtonie, l’industrie d’extraction des ressources naturelles, les politiques d’immigration et de circulation des personnes, les lieux et milieux de mémoire, l’affect et la cartographie. Une attention particulière sera ce faisant portée aux méthodologies novatrices développées par les chercheurs pour analyser les politiques du territoire ou de la territorialité qui sont en jeu sur leurs terrains d’étude.


ANT 6550 Problématique de recherche en anthropologie (3 crédits)

Professeur: Mirza, Vincent
Hiver 2018

L’objectif de ce séminaire est de permettre aux étudiants d’articuler une problématique de recherche à partir de réflexions épistémologiques, méthodologiques et théoriques. Pour ce faire, nous verrons comment concevoir un projet de recherche et ses différentes composantes, comment le structurer et nous réfléchirons sur la façon dont la posture anthropologique amène un éclairage particulier aux enjeux du monde contemporain.


SOC 6501 Problématique de recherche sociologique (3 crédits)

Professeur: Lévesque, Maurice
Hiver 2018

Ce séminaire a pour objectif de préparer les étudiant(e)s à la production d’un projet de mémoire ou de thèse, étape obligatoire et essentielle dans le parcours de maîtrise en sociologie. Le séminaire vise à développer les habiletés nécessaires à la production de cet important document.
Préparer une thèse de maîtrise, un mémoire de maîtrise, procède dans tous les cas de la mise en forme d’un projet de recherche autour d’une problématique de recherche. La problématique de recherche sociologique est ainsi l’une des pierres angulaires de la production scientifique dont il faut apprendre à maîtriser les étapes. Ce séminaire aborde la production du projet de recherche en combinant un travail réflexif sur les étapes qu’elle comporte et une pratique itérative de production de ce type de document. Ainsi, en partant de l’intérêt pour un phénomène social donné les participant(e)s, auront à cerner un sujet, une question, un objectif ainsi qu’une méthode de recherche.

DÉMARCHE

Concrètement, le séminaire fait appel à deux types d’activités. D’une part, un travail approfondi de compréhension de textes où seront présentés et discutés de façon non technique chacune des étapes de la production d’un projet de recherche en sociologie. D’autre part, un travail collectif d’analyse portant sur la production itérative des projets de recherche réalisés par les participant(s). Ce séminaire, central dans la formation à la maîtrise, implique une participation active et obligatoire de tous les participant(e)s.


SOC 7505 Sociologie de la famille (3 crédits)

Professeure: Tahon, Marie-Blanche
Automne 2017

Puisque chacun.e en est issu et est destiné à en « fonder » une autre, « la famille » est un objet sociologique particulièrement stimulant pour cultiver la distance scientifique requise pour rédiger un mémoire ou une thèse. La première partie de ce séminaire sera consacrée, dune part, à la famille dans la sociologie (de Durkheim à Bourdieu, en passant par Elias et Castel entre autres) et, dautre part, à lautonomisation du champ avec Parsons et développée ensuite dans la sociologie de la famille depuis une quarantaine dannées. Cette présentation visera à établir une liste de concepts utiles pour concevoir une analyse sociologique de la famille. La deuxième partie portera sur les transformations à loeuvre dans les familles en Amérique du Nord et en Europe occidentale depuis la fin du 20e siècle au regard de lalliance : divorce, union de fait, mariage de personnes de même sexe, et de la filiation : adoption, procréation assistée (fécondation in vitro ; dons de gamètes ; gestation pour autrui), familles « recomposées », etc. Ce séminaire est loccasion de croiser les apports de la sociologie et de lanthropologie.

Deux lectures d’été suggérées : Jean-Hugues Déchaux (2009), Sociologie de la famille, Paris, La Découverte, coll. Repères, 128 p. et Chantal Collard, Françoise Zonabend (2015), La parenté, Paris, PUF, coll. Que sais-je, 128 p.


SOC 7507 Sociologie des religions (3 crédits)

Professeur: Meunier, E.-Martin
Hiver 2018

Cette année, le séminaire sera principalement consacré à l’élucidation de la question de la sécularisation, et ce, en privilégiant une approche comparative entre plusieurs pays et différents contextes sociohistoriques. La question de la sécularisation a fait couler beaucoup d’encre et continue d’être l’un des concepts fondamentaux de la sociologie des religions en rapport à la question (non moins importante) du changement social. Y a-t-il retrait du religieux et de la religion dans les sociétés contemporaines ? Assistons-nous au contraire à leur retour ? Faut-il sur cette question distinguer « religion » et « religiosité » ? La sécularisation touche-t-elle les pays occidentaux d’une même façon ? N’affecte-t-elle que l’Occident chrétien ou se généralisera-t-elle à toutes les nations ? En quoi modifie-t-elle les sociétés ? Y a-t-il un lien entre la sécularisation et le pluralisme ? La pluralité sociale et religieuse qui semble caractériser la société contemporaine ne suppose-t-elle pas une certaine forme de sécularisation ? Au contraire, le pluralisme religieux des sociétés cosmopolites n’exige-t-il pas l’abandon du concept de sécularisation ? Telles sont quelques questions, parmi bien d’autres, qui seront au centre des préoccupations de ce séminaire.

Ce séminaire est ouvert aux étudiants et étudiantes de maîtrise et de doctorat.


SOC 7508 Sociologie de la santé (3 crédits)

Professeure: Bouchard, Louise
Hiver 2018

De la sociologie médicale des années 50 à la sociologie de la santé aujourd’hui, ce séminaire abordera la question de la santé dans toute son extension.  Enjeu de société par excellence en raison des développements technologiques sans précédent et des problèmes éthiques qu’ils engendrent, des coûts en constante croissance, des luttes interprofessionnelles, voire des visions opposées sur la finalité même du système, c’est-à-dire l’amélioration de la santé des populations. Les deux grands paradigmes biomédical et social continuent de s’affronter faisant apparaître un des paradoxes les plus surprenants dans les sociétés au système de santé hautement développé ; la croissance des inégalités sociales de santé. Cette problématique sera tout particulièrement examinée. 


SOC 7510 Théories sociologiques contemporaines (3 crédits)

Professeur: Tremblay, André
Automne 2017

À venir


SOC 7514 Changement social (3 crédits)

Professeure: Capitaine, Brieg
Automne 2017

Ce séminaire invite les étudiants à saisir la dynamique historique qui concourt à la montée d’une société centrée sur l’individu ainsi qu’à comprendre et à utiliser les principaux concepts et avancées théoriques des sociologies de l’individu, notamment les recompositions interdisciplinaires consécutives à une telle mutation sociale. Nous aborderons ainsi plusieurs questions centrales:

  1. Depuis les années 1990, l’individu constitue le principal point de départ des sociologues pour analyser la vie sociale. L’irruption de l’individu dans la sociologie n’est pourtant pas nouvelle et doit être replacée dans le processus historique de construction de la discipline. La figure du personnage social sur laquelle s’est construite la sociologie classique en est un exemple.
  2. Les différents courants et écoles sociologiques pour construire une représentation sociale de la modernité se sont saisis de manière différente du problème de l’individu. De la pluralité des dispositions qui compose l’habitus individuel à l’expérience que les individus font de la séparation croissante entre le monde objectif et le monde subjectif, les sociologues ont élaboré des cadres théoriques novateurs afin de rendre compte des bouleversements sociaux liés à la montée de l’individu. La sociologie de l’expérience ou la sociologie des épreuves en sont des exemples contemporains.
  3. Les sociologies de l’individu et le fait de partir de la subjectivité de l’individu pour appréhender le travail des sociétés poussent la discipline à transformer ses frontières disciplinaires et à repenser ses liens notamment avec la psychologie. Elle investit de nouveaux objets tels que le global ou l’altérité ou revisite des domaines classiques de la sociologie tels que la ville, le travail, la famille ou l’école.

L’ensemble de ces enjeux sera abordé et discuté à partir de la lecture du livre de Danilo MARTUCCELLI, Forgé par l’épreuve. L’individu dans la France contemporaine, Paris : Armand Colin, 2006. La lecture de ce livre obligatoire sera complétée par des articles et chapitres de livre complémentaires.


SOC 7540 Méthodologie quantitative avancée (3 crédits)

Professeur: Goldmann, Gustave J.
Automne 2017

OBJECTIFS GÉNÉRAUX DU COURS

Les étudiants obtiendront les compétences nécessaires pour entreprendre les analyses quantitatives multivariées avec les méthodes utilisées actuellement dans les sciences sociales. Il est important que les étudiants aient une connaissance des méthodes d’analyse descriptives et déductives, y compris les méthodes de régressions simples. Nous allons aborder les méthodes d’analyse avancées telles que les modèles logistiques, les modèles de risque proportionnel et les équations structurelles.

OBJECTIFS SPÉCIFIQUES

  1. Un survol des méthodes d’analyse descriptives et déductives. Cela comprendra l’interprétation des mesures de tendance centrale, des mesures d’association et corrélation, la classification des variables et les régressions simples.
  2. Introduire l’analyse multivariée, les tests « t » et l’analyse de variance.
  3. Les modèles de régressions multivariées, avec les tests diagnostiques et l’interprétation des équations de régression.
  4. La pondération simple et complexe.
  5. Les modèles logistiques.
  6. Autres modèles avancés, tels que l’analyse de risque proportionnel et les équations structurelles.

SOC 7541 Méthodologie qualitative avancée (3 crédits)

Professeure: Gaudet, Stéphanie
Hiver 2018

Ce séminaire engage les étudiants dans l’expérimentation de toutes les étapes d’un processus inductif de recherche: de la problématisation à la rédaction d’un rapport . Au cours du semestre, les étudiants seront appelés à développer un projet avec une méthodologie qualitative qui répond à leurs approches épistémologiques. Nous discuterons d’ailleurs des limites et des avancées que proposent ces approches épistémologiques et méthodologiques qualitatives. Ce cours a pour principal objectif d’approfondir les méthodes d’analyse, notamment les techniques d’analyse assistées par logiciel. L’ensemble des évaluations repose sur le projet de recherche des étudiants. Des thèmes de projets de recherche seront proposés aux étudiants de maîtrise alors que les étudiants de doctorat pourront faire de la cueillette d’information en lien avec leur recherche doctorale. 


SOC 7550 Relations interethniques : Examen critique des théories et des recherches (3 crédits)

Professeure: Benhadjoudja, Leïla
Automne 2017

L’objectif général de ce séminaire est d’offrir une perspective critique des théories de l’ethnicité et des relations interethniques. Il s’agira d’analyser les thématiques reliées à l’ethnicité comme la catégorisation et la minorisation, la construction nationale, l’autochtonie, les processus d’intégration (multiculturalisme, assimilation, melting pot, etc.) et les enjeux liés à l’immigration dans un contexte de globalisation. Une perspective comparative sera privilégiée afin de rendre compte des différentes dynamiques relatives aux relations interethniques principalement au Canada, aux États-Unis, en Australie, et en Europe. Articulant une perspective historique et sociologique, ce cours vise notamment à saisir les enjeux et les différentes modalités de « gestion » de la diversité et les rapports entre État et groupes minorisés.


SOC 7560 Développement : Examen critique des théories et des recherches (3 crédits)

Professeure: Mondain, Nathalie
Hiver 2018

Ce séminaire consiste à analyser le décalage existant entre les théories du développement international, les recherches et interventions qui sont menées dans ce domaine et les réalités sociales que vivent les individus et groupes sociaux visés. Les approches socio-anthropologiques du développement seront mobilisées pour mieux comprendre ce décalage et ouvrir vers de nouvelles pistes de recherche.


SOC 7570 Sociologie politique : Examen critique des théories et des recherches (3 crédits)

Professeure: Gaudet, Stéphanie
Hiver 2018

Séminaire annuel du CIRCEM : Travail, soins et éthiques du souci
Stéphanie Gaudet et Sophie Bourgault

Le séminaire de sociologique politique est offert cette année en collaboration avec le Centre interdisciplinaire de recherche sur la citoyenneté et les minorités. Il portera sur les recherches sociologiques contemporaines sur le travail de soin (rémunéré et non rémunéré) et sur divers enjeux théoriques soulevés par les éthiques du souci en pensée politique, en sociologie et en études féministes.  Par exemple, c’est à partir de la perspective critique offerte par les éthiques du souci que nous interrogerons nos conceptions libérales de la justice, de la vulnérabilité et de la citoyenneté, ainsi que la réalité bien concrète du partage inégal du travail de soins, de l’invisibilité/non-reconnaissance de ceux et celles qui le portent et, enfin, des chaînes de soin globales.  Situé à la croisée de l’empirique et du théorique, le séminaire sera mené par Sophie Bourgault, spécialiste des théories du souci, et Stéphanie Gaudet, spécialiste en sociologie de la famille et des parcours de vie. 

La première partie du séminaire portera principalement sur les fondements théoriques des éthiques et politiques du souci, que nous aborderons à partir d’auteures telles que Sandra Laugier, Pascale Molinier, Joan Tronto, Evelyn Nakano Glenn, Judith Butler, Michel Foucault. Nous poursuivrons en explorant diverses questions soulevées par cette littérature pour les sciences sociales et, en particulier, pour la sociologie des rapports sociaux de sexe:  par exemple, les éthiques du souci mènent-elles à un certain sentimentalisme et essentialisme? Dans quelle mesure ces éthiques sont-elles à même de reconceptualiser la vulnérabilité et de penser des institutions et des politiques publiques capables de répondre à la ‘crise du care’ et aux injustices de classe, de genre et de race liées au travail de soin? Nous discuterons également de divers enjeux théoriques et méthodologiques qui entourent l’analyse sociologique du travail de soin: la charge mentale; les émotions soulevées par le soin des vulnérables ou le ‘sale boulot’ (dégoût, empathie, etc.); la segmentation des temps sociaux; les inégalités transnationales et les rapports de domination liés à la délégation du soin des enfants et des personnes âgées aux travailleurs migrants. Enfin, notre séminaire considérera diverses facettes temporelles du travail de soin dans nos sociétés contemporaines (temps discrétionnaire et injustices de genre; accélération sociale et épuisement, etc.). Pour la deuxième partie du séminaire, les auteurEs suivantEs pourront être à l’étude : Marc Bessin, Elsa Dorlin, Monique Haicault, Arlie Hochschild, Everett Hughes, Danièle Kergoat, Dominique Lhuillier, Juliet Schor.


SOC 7571 Séminaire de recherche en sociologie politique (3 crédits)

Professeur: Leroux, Robert
Automne 2017

À venir


SOC 8510 Séminaire de doctorat

Professeur: Meunier, E.-Martin
Automne 2017 et Hiver 2018

Ce séminaire entend convier les étudiants et étudiantes à une réflexion étendue autour de la thématique de la polarisation sociopolitique et religieuse, à l’aide de l’examen de l’histoire contemporaine de la société québécoise et à partir de plusieurs cas comparatifs d’Europe et d’Amérique. En fait, comme l’a bien montré Paul di Maggio et al. (1996), la polarisation apparaît aussi bien sous les traits d’un état que d’un processus. Elle se déploie selon diverses modalités : accroissement de la variance entre les principales options ; concentration en deux pôles ; adjonction forcée d’une thématique à une autre — venant ainsi consolider une position antinomique ; consolidation sur la base de la reconnaissance d’une même appartenance (Di Maggio et al, 1996, p. 693-699). Qu’elle se concrétise via une dialectique aux allures de rétroactions ou de backlash (Putman et Campbell, 2010), qu’elle prenne racine à partir d’un évènement catalyseur ou qu’elle soit suscitée par le débat autour d’un sujet diviseur (Fiorina et Abrams, 2008) — avortement, euthanasie, droits des personnes homosexuelles — la polarisation semble travailler tant l’univers social, le monde politique que l’ensemble de la sphère religieuse. Qu’il enflamme dans un mouvement social — telles les manifestations contre le mariage gai en France (Portier et Béraud, 2015) ou s’approfondisse dans un débat sociopolitique se polarisant à l’extrême — telle l’élection présidentielle aux États-Unis en 2016, le Brexit ou, au Québec, l’épisode de la Charte des valeurs (Milot et Wilkins-Laflamme, 2017), ce phénomène semble ne connaître ni frontières, ni fatigue. Toujours sont sollicitées positions normatives, valorielles et religieuses – éléments centraux à la fois nécessaires à la justification et à l’existence renouvelée d’une opposition.

Mais cette polarisation ne serait-elle qu’un trait épisodique de la reconfiguration du paysage religieux contemporain ? Est-elle une caractéristique rédhibitoire, mais jusqu’ici ignorée, de ce que Jean-Paul Willaime nomme l’ultramodernité des sociétés contemporaines (Willaime, 2008) ? Est-elle plutôt un fait récurrent dans l’histoire, typique notamment des périodes de transition, voire d’étiolement d’épistémès ou de régimes d’historicité ? N’est-elle qu’un mythe, durablement inscrit au cœur des mentalités (Abramowitz et Saunders, 2008), grâce entre autres à la polarité naturelle de la politique aux États-Unis ou à ladite « Cultural War » qui l’aurait assiégée depuis les années 1980 ? Autant de questions qui seront discutées dans ce séminaire, cette année.

Durant ce séminaire, les étudiants et les étudiantes seront invité(e)s à creuser l’une ou l’autre des facettes de cette thématique à partir de quatre axes transversaux :

a) L’axe socioreligieux qui semble nourrir l’imaginaire des clivages en jeu et qui s’impose au débat social de manière parfois inattendue ;

a) L’axe sociopolitique qui cherchera à mieux comprendre les spécificités des nations à partir des structures typiques de gestion du religieux dans l’espace public ;

c) L’axe sociohistorique qui cherchera à mieux comprendre les types de polarisation en lien avec l’évolution de l’État et des régimes d’historicité ;

d) L’axe médiatique qui semble accroître et consolider les positions idéologiques polarisées.

Textes cités

Abramowitz, Alan et Kyle Saunders, “Is Polarization a Myth?”, The Journal of Politics, vol. 70, no. 2, April 2008, pp. 542–555.

Di Maggio, Paul et al., “Have American’s Social Attitudes Become More Polarized?”, American Journal of Sociology, vol. 102, no. 3, 1996, pp. 690–755.

Fiorina, Morris et Samuel Abram, “Political Polarization in the American Public”, Annual Review of Political Science, vol. 11, 2008, pp. 563–588.

Milot, Micheline et Sarah Wilkins-Laflamme (éditrices invitées), La polarisation entre le religieux et le séculier dans les représentations des Québécois et Canadiens, Studies in Religion/Sciences religieuses, numéro spécial à paraître en 2017.

Portier, Philippe et Céline Béraud, Métamorphoses catholiques. Acteurs, enjeux et mobilisations depuis le mariage pour tous, Paris, EHESS éditions, 2015.

Putnam, Robert et David Campbell, American Grace. How Religion Divides and Unities Us, Simon and Schuster Paperbacks, 2010.

Willaime, Jean-Paul, “Les reconfigurations de la religion et de sa critique dans l’ultramodernité contemporaine” in Tackling blasphemy, insult and hatred in a democratic society/Blasphème, injure et haine : la réponse de la société démocratique, Strasbourg, Commission de Venise/Conseil de l’Europe, 2008, p. 313-321.


SOC 8511 Séminaire avancé de recherche sociologique (3 crédits)

Professeure: Rippey, Phyllis
Automne 2017 et Hiver 2018

Comme sa description l’indique, il convient, d’entrée de jeu, de souligner que ce séminaire ne constitue pas à proprement parler un séminaire de méthodologie selon l’acception habituelle de ce terme. Il vise plutôt à mener un travail réflexif sur certains enjeux relatifs à la production d’une connaissance scientifique et sociologique sur le social et les phénomènes sociaux. Il vise également la mise en pratique de cette réflexion dans le cadre d’un parcours de doctorant-e. La démarche de ce séminaire annuel est donc orientée vers une expérience à la fois pratique et réflexive.

Sur le plan réflexif, il s’agit de travailler la notion qu’on nommera le raisonnement sociologique. La sociologie s’est établie à partir et en produisant un foisonnement de théories et de regards sur le social et la société. Mais est-ce que ces regards multiples conduisent à des pratiques identiques ? Quel est le sens et la nature de ces pratiques ? Si la sociologie se donne pour objectif de fournir un regard scientifique sur le social, à quelles conditions peut-elle atteindre cet objectif ? En quoi ces connaissances sociologiques sont-elles spécifiques par rapport à d’autres types de connaissances ? Dans cette perspective, le séminaire cible l’étude de différents paradigmes propres au raisonnement sociologique et à la production de connaissances dans cette discipline en s’appuyant sur les travaux de différents chercheurs.

Parallèlement à ce processus réflexif, la dimension pratique du séminaire sera assurée par un processus itératif de production d’une ébauche de projet de recherche. L'accent est placé sur le défi, présent dans toute entreprise de recherche, que représente l'articulation des concepts, théories et méthodes et des modalités de validation de cette intégration. Chaque participant-e au séminaire devra rédiger, en trois étapes, un projet de recherche qui fera l’objet d’un travail collectif à deux de ces étapes.

Le travail de thèse et le parcours de doctorant-e comporte de multiples dimensions dont l’apprentissage à la production scientifique est la plus visible et souvent la seule considérée. Toutefois, la thèse est bien d’avantage qu’une simple production scientifique. En tant que passage obligé pour l’obtention du diplôme de doctorat, elle est à la fois production du doctorant-e et producteur du docteur en tant qu’acteur social particulier qui, détenteur d’un Ph.D. et chercheur ou chercheuse « patenté », reconnu socialement comme possédant un savoir et une expertise spécifique se voit octroyer certains droits (le droit d’évaluer ses pairs ou encore de sanctionner la formation des futurs Ph. D., par exemple) et privilèges (l’accès aux fonds publics, notamment). Toutefois, l’entrée dans l’Académie implique l’apprentissage de toute une série de savoir-faire, de compétences implicites et de ressorts psychologiques. Parmi ces règles, une des plus importantes est celle de l’évaluation par les pairs, pratique qui vise à assurer le « maintien des bonnes pratiques » à partir des critères « neutres » de l’évaluation scientifique.

La démarche du séminaire se veut une certaine forme d’initiation à ce travail de chercheur. Le séminaire est conçu comme une équipe de chercheurs-es qui désirent développer une série de projets de recherche ayant en commun une même approche disciplinaire, mais se distinguant quant à leurs objets d’étude, leurs méthodes, leurs positions théoriques, etc. Bien que notre séminaire risque d’être un eu plus éclaté que les situations réelles, cette dynamique se retrouve régulièrement dans les Centres de recherche. Ce mode de fonctionnement du séminaire exige une implication active et structurée de la part de l’ensemble des participants-es. Conçu comme des réunions de travail, chaque séance du séminaire devra être préparée soigneusement selon les consignes expliquées plus loin.

Un dernier mot concernant la différence entre la démarche du séminaire qui va conduire, pour plusieurs d’entre vous, à un travail sur votre futur projet de thèse et le travail avec votre directeur ou directrice de thèse. La relation doctorant-e/directeur-trice possède deux caractéristiques spécifiques. D’abord, il s’agit d’une relation qui se déroule dans une dyade (ou une dyade élargie en présence d’une co-direction).  Ensuite, la relation s’établit entre « spécialistes » du domaine de la thèse. Elle est donc « pointue » dans le sens qu’elle tend à mettre en oeuvre un regard commun (théorique, méthodologique, etc.) sur l’objet de recherche. Cette dynamique, essentielle au processus doctoral exclue toutefois certaines dimensions de la pratique du « métier de sociologue » qui consiste le plus souvent à expliciter son travail, à convaincre de la justesse de ses décisions à des non-experts qui, tout provenant de la même discipline (et a fortiori s’ils proviennent d’autres disciplines), peuvent avoir des lectures forts différentes de nos travaux. Le séminaire, tel que proposé, vise donc à confronter les participants-es à ces situations et à leur permettre d’en tirer avantage dans leur exercice de préparation du projet de thèse. Si la relation doctorant-e/directeur-trice se fonde sur la communauté des expertises et la diversité des expériences, la relation que le séminaire vise à établir en est une basée sur l’hétérogénéité des connaissances et la communauté de l’expérience (en tant que doctorant-e). Dans ce sens, la démarche du séminaire, ne dédouble et encore moins ne remplace la démarche dyadique doctorant-e/directeur-trice mais en constitue un complément.


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