Une doctorante reçoit la prestigieuse bourse Trudeau pour étudier le genre et la sécurité en Palestine

Publié le mardi 27 juin 2017

Quel est le lien entre l’évolution des notions sur la masculinité et les perspectives de paix au Moyen-Orient?

Emma Swan, devenue récemment boursière de la Fondation Pierre Elliott Trudeau, espère que sa recherche doctorale nous aidera à examiner cette question.

Emma Swan

Pendant une année d’immersion en Cisjordanie, elle mènera une série d’entretiens qualitatifs auprès d’hommes et de femmes impliqués dans la consolidation de la paix. Ce travail lui permettra d’approfondir sa recherche de maîtrise, qui a révélé que la majorité des consolidateurs de paix de sexe masculin interviewés par elle avaient autrefois participé à des combats violents. « Les hommes ont manifesté avoir prouvé leur engagement envers la résistance et se sentir maintenant en mesure de discuter de moyens non violents pour soutenir la résistance palestinienne », explique Emma.

La jeune femme est la première dans sa faculté à se voir décerner la prestigieuse bourse de la Fondation Pierre Elliott Trudeau. D’une valeur annuelle de 60 000 $, cette bourse permet aux étudiants de se joindre à un réseau de savants remarquables de divers domaines, en plus de permettre aux chercheurs de collaborer avec des chefs de file universitaires, des gouvernements, des entreprises et des membres de la société civile.

La Fondation est reconnue au Canada et dans le monde pour son soutien aux chercheurs qui sondent des questions liées à ses quatre axes prioritaires : les droits de la personne et la dignité; la citoyenneté responsable; le Canada dans le monde; les gens et leur environnement naturel.

Emma, qui achève sa deuxième année de doctorat dans le programme de développement international et études mondiales, est impatiente de se joindre à cette communauté de savants. « Ce qui m’a surtout attirée, c’est le mentorat procuré par la Fondation », a-t-elle déclaré lors d’une entrevue. « C’est la communauté qui fait vraiment la différence. Je déjeune avec Lloyd Axworthy [ancien ministre fédéral, ndlr] à ma table! »

Sa directrice de thèse, Rebecca Tiessen, a loué l’étudiante pour sa compréhension nuancée des enjeux liés au genre et de la consolidation de la paix en Palestine, ainsi que pour sa capacité à communiquer cette complexité si efficacement tant à l’écrit qu’à l’oral

« Quand Emma présente ses recherches, sa passion pour son sujet est manifeste », a ajouté la professeure Tiessen. « Cela lui permet d’établir un rapport très convaincant avec son public ».

Emma envisage de commencer son travail sur le terrain en Cisjordanie au début de 2018, une fois qu’elle aura obtenu l’approbation éthique de l’Université. En effet, la réalisation d’un travail de terrain dans un environnement sujet à des contrôles militaires et à des fouilles présente des défis en matière d’éthique.

Quant à la professeure Tiessen, elle se réjouit à la perspective de voir le domaine des études sur le genre et la sécurité s’agrandir grâce à la recherche d’Emma et de constater comment les travaux de son étudiante viennent s’ajouter aux initiatives nationales et internationales qui visent les femmes, la paix et la sécurité.

 « Emma mène une recherche d’avant-garde par rapport au féminisme dans le contexte des études de paix et de sécurité », a déclaré la professeure Tiessen. « L’attention qu’elle porte aux enjeux masculins permettra notamment de jeter de la lumière sur les opportunités et les défis liés aux normes masculinistes, au patriarcat et à l’implication des hommes dans la programmation sexospécifique. La documentation de ces histoires est essentielle pour développer le savoir féministe, afin de souligner le rôle que les normes masculinistes et les masculinités alternatives peuvent jouer dans la définition de l’égalité entre les sexes, la sécurité et la paix ».

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