Article par nos étudiants chercheurs - L’amélioration de l’accessibilité aux services publics offerts en français en Ontario

Publié le mardi 5 avril 2022

Ce texte a été rédigé dans le cadre du Mois de la Francophonie par Ruth-Lourdemie Duclos et Obed Kimpuela Mundele, deux étudiants bénévoles en 2e année dans le programme de Baccalauréat spécialisé en Économie et politique publique.

 

L’amélioration de l’accessibilité aux services publics offerts en français en Ontario

Le monde est composé de différents pays qui parlent différentes langues. Ainsi, il n'est pas rare d’avoir plusieurs langues officielles au sein d’un même pays. C’est le cas du Canada qui possède deux langues officielles : le français et l’anglais. Toutefois, la population canadienne n'est pas entièrement bilingue. En effet, certaines régions sont majoritairement francophones, d'autres anglophones et certaines bilingues comme Ottawa. Pourtant, l’anglais est majoritaire au Canada. Face à cette situation, les francophones ne jouissent pas toujours de certains services en français et se sentent parfois mis de côté. De ce fait, le gouvernement fédéral et et le gouvernement provincial de l’Ontario ont mis en place progressivement depuis plusieurs années des programmes visant à améliorer l'accessibilité aux services publics offerts en français au Canada et en Ontario. Dans cet article, nous analyserons les actions posées par le gouvernement ainsi que leurs effets immédiats et à long terme dans les institutions publiques.

Comme mentionné précédemment, le Canada est un pays dont les deux langues officielles sont inscrites dans sa constitution. En 2016, la population anglophone était de 26 216 233 soit 75.4% de la population canadienne, et la population francophone, quant à elle, s'élève à 7 914 498 soit 22.8% (Statistique Canada, 2016). Ces chiffres attestent de la supériorité démographique des anglophones dans le pays. Bien que certaines provinces soient entièrement anglophones, des minorités francophones sont présentes dans les quatre coins du pays. Dans ce contexte particulier, le gouvernement a, au fil des ans, mené de nombreuses réformes à la Loi sur les langues officielles. Ces réformes avaient pour but de fournir des services accessibles en français aux concernés. La réforme la plus récente fut la modification de la Loi sur les services en français en 2021 qui avait pour objectif d’améliorer la qualité des services en français. Elle s'inscrit dans une longue liste de tentatives du gouvernement, nous pouvons entre autres citer les tentatives telles que le projet de loi C-13 datant de 2022 (Chambre des communes, 2022) lancé par le gouvernement Trudeau ou encore le projet de loi 101 plus récemment au Québec (Couturier, 2022). 

Contrairement à un plus grand nombre de personnes dont la première langue est l’anglais, les francophones sont confrontés à la présence de deux langues officielles au quotidien. Cela revient à dire que les francophones ont beaucoup moins de contact avec le français que les anglophones n’en ont avec l’anglais au jour le jour. Prenons par exemple la ville d’Ottawa où, bien que souvent bilingues, les gens tendent à parler l’anglais car c’est la langue dominante de la province d’Ontario. La majorité des gens francophones, lorsqu’ils vont dans une institution publique, ne savent pas qu’ils peuvent recevoir des services en français et parlent instinctivement l’anglais. De plus, s’ils sont accueillis en anglais et non en français, ils ne savent pas que le service en français est actuellement offert d'où l'emphase sur l’offre active au sein des institutions publiques de la réforme de la Loi sur les langues officielles en 2021; c’est à dire offrir le service au client dès “le premier contact” et ainsi leur accorder le choix de service dans leur langue préférée (News Ontario, 2021).

Nous avons évoqué les multiples tentatives amorcées par le gouvernement et nous avons brièvement décrit en quoi elles consistaient. Face à cette multitude de réformes et de projets de lois, l'on se questionne sur leurs effets et conséquences dans la vie quotidienne des nombreux Canadiens et Canadiennes. Bien que le gouvernement ait adopté la Loi sur les langues officielles en 1969 avec comme objectif de mieux représenter la dualité linguistique canadienne, il y a une assez grande différence entre l’adoption et l’application de ladite loi. En effet, plus de 50 ans après l’adoption de la Loi sur les langues officielles, de nombreux fonctionnaires publics ne pouvaient toujours pas travailler dans les deux langues officielles (Martin, 2019, pp. 162). L'écart entre l’adoption et l’application entraîne un impact négatif dans le fonctionnement de l’administration publique car la population canadienne se voit parfois refuser l'accès aux services en français puisqu’il n’y a pas assez d’agents bilingues ou francophones. Or, le bilinguisme est l’un des outils servant à l'augmentation de l’inclusion des différentes minorités existantes au Canada, dont la minorité francophone. En vue de cette inclusion, le gouvernement canadien renferme de nombreux représentants francophones. Toutefois, la représentation francophone ne devrait pas uniquement se limiter aux postes hiérarchiques mais aussi aux postes subsidiaires, proches du public.

Pour conclure, le Canada, pays bilingue en théorie, connaît une part proportionnellement plus grande de sa population étant anglophone; des clivages se ressentent alors entre les services offerts en français dans le territoire. Pour répondre à cette problématique récurrente, le gouvernement multiplie les réformes et les projets de loi depuis maintenant plusieurs années. Toutefois des limites se ressentent et les progrès bien que présents sont assez minimes, malgré cette croissance plutôt lente, le gouvernement réitère constamment son désir de pouvoir servir sa population impérativement dans l’une de ses deux langues officielles (Le Canada et la Francophonie). En parallèle le Canada, pays caractérisé par le multiculturalisme voit d’années en années sa population s'agrandir en accueillant de plus en plus d’étrangers, la question de l’utilisation d’autres langues non officielles fait également surface… Quelle sera la réaction du gouvernement face à l'augmentation de l’immigration des gens dont la première langue n’est ni le français ni l’anglais ?

 

Par :

Ruth-Lourdemie Duclos

Obed Kimpuela Mundele

 

BIBLIOGRAPHIE

 

 

  • Patrimoine Canada (2016). Statistiques sur les langues officielles au Canada

 

 

  • Affaires francophones : L’Ontario améliore l’accès aux services de première ligne en Français (2021).

 

  • Normand, Martin. (2020). Book Review: “Canada's Official Languages: Policy versus Work Practice in the Federal Public Service. Helaina Gaspard, Ottawa, University of Ottawa Press, 2019, pp. 162.” Canadian Journal of Political Science, 53(1), 216-217. doi: http://dx.doi.org/10.1017/S0008423919001082

 

 

 

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