Janine Kiefer - Mon parcours d'étudiante en crimino à analyste de recherche | Série d'articles de blogs avec nos diplômés

Publié le jeudi 26 novembre 2020

Auteur : Janine Kiefer, B.Sci.Soc '15 (Criminologie)

Série d'articles de blogs avec nos diplômés

Nous sommes très ravis de vous annoncer le lancement de notre Série d’articles de blogs. Dans chaque article, un diplômé ou une diplômée nous racontera son histoire, son parcours, ses anecdotes, ses regrets, ses plus beaux souvenirs ou toute chose qu’il ou elle aimerait partager avec notre communauté !

Pour ce premier article de blog, Janine Kiefer, B.Sc.Soc'15 (Criminologie) nous raconte son parcours et comment elle est passée d’étudiante en criminologie à analyste de recherche.


Janine and her 5 roommates locking arms and smiling behind the University of Ottawa sign on a sunny day

Lorsque les Relations avec les diplômés de la Faculté des sciences sociales de l’Université d’Ottawa m’ont invitée à écrire cet article, j’avoue que j’en étais plutôt ravie. Mon conjoint vous le dira: chaque fois que je parle de mon expérience au bac, j’ai des étoiles dans les yeux en me remémorant tous les beaux moments de ces quatre années. Je suis certaine que ma tendance à voir la vie en rose et la beauté de la nostalgie y sont pour quelque chose, mais je sais aussi que ça témoigne de ce que j’ai vécu à l’Université. J’arrive à peine à y croire: ça fait déjà plus de cinq ans que j’ai obtenu mon diplôme du baccalauréat spécialisé approfondi en criminologie. Je vous jure, c’est comme si c’était hier. Quoiqu’une conversation récente avec une étudiante de quatrième année m’a rappelé que c’était en fait bien loin d’être hier, puisqu’elle était encore au secondaire quand j’ai terminé...

Point de départ

Comme beaucoup d’étudiantes et d’étudiants au secondaire, à l’époque, je ne savais pas du tout ce que je voulais faire plus tard. J’avais envoyé une demande d’admission dans quelques universités, dans différents programmes. J’ai fini par choisir le programme de criminologie de l’Université d’Ottawa. En m’inscrivant, je pensais enchaîner avec une maîtrise en droit, ce qui ne s’est finalement pas concrétisé. Malgré mes hésitations au moment de faire mon choix, dès la première année du programme, j’étais certaine à 100% de ne pas m’être trompée, et mes trois prochaines années sous l’aile de Kate Fletcher, Chris Bruckert, Justin Piché et compagnie ne feraient que me conforter dans cette certitude. J’ai appris sur toutes sortes d’enjeux de justice sociale et pénale, et approfondi ma compréhension des réalités de la criminalité, de la définition qu’on lui donne et des différentes formes de criminalité et de contrôle social. Je me souviens de plusieurs soupers de famille où j’épandais toutes ces nouvelles connaissances... Même si je sais que mes parents étaient heureux que je me sois découvert une passion, je suis certaine qu’ils étaient aussi contents que le souper finisse! Je garde de tendres souvenirs de l’ensemble de ces quatre années, mais je vous parlerai ici de quelques-unes des expériences uniques et mémorables de ma quatrième année et de l’influence qu’a eue mon diplôme sur mon parcours dans les cinq années qui ont suivi.

Cours de recherche dirigée

Une ampoule sur fond noir entouré de bulles de texte blanches. L'image est une représentation abstraite de cours de recherche qui suscitent la réflexion.

Au premier trimestre de ma quatrième année, j’ai suivi un cours de recherche dirigée de Justin Piché sur les conséquences collatérales de l’incarcération. Les trois autres étudiants et moi étions appelés à contribuer à une étude du Criminalization and Punishment Education Project et de Mothers Offering Mutual Support (MOMS) sur la peine invisible qu’éprouvent les proches des prisonniers canadiens aux différentes étapes du processus pénal. On nous a fait faire un recensement des écrits, collecter et analyser des données et coproduire un documentaire audio. Cela m’a permis d’acquérir de l’expérience en recherche qualitative et d’en découvrir les aspects intéressants et moins intéressants (la transcription), ce qui allait m’être fort utile dans ma maîtrise.Je me considère également très chanceuse d’avoir pu participer à une étude sur un thème aussi important et, à l’époque, négligé. En prime, les amis que je me suis faits dans ce cours le sont encore aujourd’hui et ont été pour moi une grande source d’entraide au cours des cinq dernières années. Même si la vie nous a menés dans des villes (voire des pays), des programmes de maîtrise et des emplois différents, on nous verra encore nous rappeler le bon vieux temps autour d’une bière ou deux.

Stage

Au deuxième trimestre de ma quatrième année, j’ai participé à un stage à la Division des recours des délinquants de Service correctionnel Canada (SCC). Pour ceux et celles qui ne le savent pas, SCC est responsable de l’incarcération de toute personne qui purge une peine de deux ans ou plus. La Division des recours des délinquants répond aux griefs des personnes sous la garde de SCC à titre de troisième et dernière instance. J’avoue que j’hésitais à faire un stage à SCC. Dans mes cours, j’avais vu les dommages que causait l’incarcération et j’étais réticente à l’idée de contribuer à un système que je percevais comme fondamentalement vicié. Je ne me doutais pas que ce stage mènerait à un emploi que j’allais occuper pendant cinq ans. J’en ai retiré énormément, non seulement cet emploi, mais aussi le fait d’avoir pu vivre une expérience en dehors de l’université et voir à quoi pourrait ressembler la vie après les études. Et en écoutant mes camarades de classe raconter leurs propres expériences de stage, j’ai pu découvrir des occasions et apprendre sur le travail qui est fait, par exemple, dans les services de première ligne, dans un organisme qui vient en aide aux personnes sans abri d’Ottawa et dans un programme de justice réparatrice de la région.

Défis réels du monde

Photo de remise des diplômes de Janine. Elle sourit vers la caméra et tient un bouquet de roses rouges.

Pour en revenir à mes cinq ans à SCC, je vous mentirais si je vous disais que c’était une décision facile d’y rester; malgré les avantages, je continue de m’interroger sur l’utilité de l’incarcération comme réponse à beaucoup d’activités criminelles. La surreprésentation disproportionnée des personnes autochtones dans les prisons canadiennes n’est qu’un exemple qui illustre la nécessité de transformer complètement le système. De plus, répondre aux griefs est très éprouvant, et cela fait parfois ressortir les aspects les plus problématiques des prisons. Mon expérience à SCC m’a toutefois aidée à mieux comprendre la complexité de l’incarcération et les difficultés que le personnel rencontre chaque jour, ce que je n’aurais jamais appris en classe. J’ai aussi pu découvrir le travail positif qui y est réalisé, et j’aime croire que j’ai moi-même apporté ma petite contribution, que ce soit en voyant à la réparation d’un téléphone dans une unité ou en participant à des changements de politiques. Je comprends que certains ne feraient pas le même choix que moi, voire qu’ils ne l’appuieraient pas. Mais les connaissances que j’ai acquises en quatre ans à l’Université d’Ottawa m’ont permis d’adopter une attitude réfléchie à l’égard de ce travail, et d’en saisir toute l’importance. J’ai aussi eu la chance de travailler avec des personnes incroyablement intelligentes, empathiques et passionnées, dont bon nombre étaient des étudiantes et des étudiants de l’Université d’Ottawa en stage. Je vous le jure: à un moment donné, près du tiers de l’équipe était formé de stagiaires anciens et actuels!

Nouveaux commencements

Cinq ans et des centaines de griefs plus tard, j’ai voulu relever un nouveau défi. J’ai accepté un poste d’analyste de la recherche au Centre canadien d’engagement communautaire et de prévention de la violence. Fondé en 2017, le Centre chapeaute les efforts du gouvernement du Canada contre la radicalisation menant à la violence. Même si c’est encore tout nouveau pour moi, je suis heureuse d’avoir l’occasion d’apprivoiser un nouveau domaine. Et pas n’importe lequel: un domaine où un travail crucial et intéressant est mené non seulement par le gouvernement, mais aussi par des organisations de la société civile, des universitaires et des chercheuses et chercheurs. Mes études en criminologie (et en sociologie) ont assurément facilité la transition, en plus de me donner une perspective unique sur ce travail de plus en plus important. Je suis très motivée à continuer d’apprendre et d’apporter ma contribution.

Des souvenirs des ami(e)s fidèles

Voilà ce qui m’amène à aujourd’hui! Je me suis beaucoup amusée en écrivant ce billet; j’ai pu réfléchir aux neuf années qui sont écoulées depuis mon arrivée à l’Université d’Ottawa. Je mentirais si je disais que les quatre années que j’y ai passées ont été parfaites. Elles ont comporté leur lot de défis, que bien des étudiantes et étudiants anciens et actuels reconnaîtront, mais c’est l’affaire d’un autre billet. Beaucoup de choses ont changé en neuf ans, mais je me considère incroyablement privilégiée: j’ai pu obtenir un diplôme de premier cycle qui, conjugué à mon expérience, continue d’influencer et de façonner ma carrière. Comme quand j’avais 18ans, je n’ai aucune idée de ce que l’avenir nous réserve (ce que la COVID-19 me prouve bien d’ailleurs), mais j’espère pouvoir continuer d’appliquer mes connaissances acquises à l’Université d’Ottawa et de contribuer à la lutte contre les inégalités sociales et à l’avancement de la société.

 

 Kate et Andrea, elles se sont rencontrées dans leur cours de recherche dirigée. Elles se tiennent ensemble et posent pour la caméra lors d'un voyage de camping cette année. Janine fait deux pouces vers le haut.

"...les amis queje me suisfaits dans ce cours le sont encore aujourd’hui et ont étépour moiune grande source d’entraide au cours des cinq dernières années. Même si la vie nous a menés dans des villes (voiredespays),desprogrammes de maîtrise etdesemplois différents, on nous verra encorenousrappeler le bon vieux temps autour d’une bière ou deux."

Janine Kiefer,

B.Sc.Soc'15(Criminologie)

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