Appel de communications

APPEL À CONTRIBUTION D'ARTICLES

Volume 28, numéro 2, automne 2022
 
Au-delà de la reddition de compte : l’évaluation dans les organismes communautaires et d’économie sociale
 
 Les organismes sans but lucratif (OSBL) et les entreprises d’économie sociale jouent un rôle crucial pour améliorer les conditions de vie des populations vulnérables et faire avancer les causes de la justice sociale et de l’équité. En plus de répondre aux besoins immédiats des groupes vulnérables, ces organisations cherchent délibérément à favoriser le pouvoir d’agir individuel et collectif par la participation active des groupes marginalisés aux initiatives qui les concernent (Lavoie et Panet-Raymond, 2014). Cela leur permet d’agir tant en amont qu’en aval des problèmes individuels, ces derniers résultant la plupart du temps de conditions de vie injustes et de structures oppressives (Lavoie et Panet-Raymond, 2014).
 
 L’évaluation, lorsqu’elle est conçue spécifiquement pour servir les besoins et les intérêts de ces organisations, participe considérablement à l’innovation sociale et à l’atteinte des objectifs de mission (Fetterman et coll., 2015). Différents auteurs montrent à cet effet que l’évaluation, tant par son processus que par ses conclusions, peut stimuler l’apprentissage organisationnel, générer de nouvelles connaissances utiles et soutenir la planification et la prise de décisions collectives (Fetterman et al., 2015 ; Lemay et al., 2013). Il n’est donc pas surprenant qu’un nombre croissant d’OSBL et d’entreprises d’économie sociale veuillent maintenant s’approprier les méthodes évaluatives à leurs propres fins (Lemay et coll., 2013).
 
 Pourtant, les avantages de l’évaluation pour l’apprentissage collectif et l’innovation sociale sont encore peu discutés dans la littérature québécoise et franco-canadienne. Plutôt, l’évaluation est souvent présentée comme un outil de gestion conçus pour répondre aux exigences des bailleurs de fonds. L’attention insuffisante aux autres apports importants de l’évaluation est probablement liée au climat politique actuel qui exige des organisations des preuves empiriques rigoureuses afin d’obtenir et de maintenir du financement (Garon et Roy, 2001 ; Goyette et Jetté, 2009).
 
 C’est pourquoi ce numéro de Reflets propose de jeter un éclairage différent sur l’évaluation par et pour les OSBL et les entreprises d’économie sociale. Nous espérons ainsi mieux comprendre et documenter son plein potentiel en termes d’innovation, d’apprentissage et de transformation sociale. Un tel sujet exige d’être traité dans une perspective pluridisciplinaire tout en mettant en lumière les pratiques et les expériences du milieu communautaire et de l’économie sociale en ce qui a trait à la production et à l’utilisation des évaluations en vue d’appuyer l’amélioration des interventions et l’atteinte des objectifs organisationnels.
 
 Nous sollicitons des propositions de personnes engagées provenant autant du secteur communautaire que des milieux de pratique et des milieux universitaires. Voici quelques suggestions thématiques qui pourraient faire l’objet d’articles dans le présent numéro :
 
  1. Suggestions thématiques pour la rubrique Dossier (avec arbitrage scientifique) :
  • Des recherches théoriques, conceptuelles ou empiriques portant sur l’évaluation ou les capacités en évaluation des OSBL et d’entreprises d’économie sociale.
  • Des perspectives théoriques ou critiques portant sur les enjeux méthodologiques et épistémologiques des évaluations à visée transformatrice ou émancipatrice. Il pourrait s’agir par exemple d’interroger la question de la neutralité ou de la rigueur dans les approches, les méthodes et les processus d’évaluation qui visent la transformation sociale.
  • D’autres sujets d’intérêt concernant l’évaluation en tant que champ d’étude dans les OSBL ou les entreprises d’économie sociale.
 
2. Suggestions thématiques pour la rubrique Des pratiques à notre image (sans arbitrage) :
  • Des récits ou bilans d’expériences ou d’initiatives touchant l’évaluation par ou dans le milieu communautaire et d’économie sociale.
  • Des expériences pratiques de mise en oeuvre d’évaluations en contexte autochtone ou d’autres approches visant à mieux intégrer l’équité, la diversité et l’inclusion dans les pratiques d’évaluation.
  • Des contributions des acteurs de la collectivité éclairant des aspects de la thématique : évaluation, apprentissage, justice sociale. Ces contributions peuvent reposer sur des réflexions, des observations et analyses de terrain.
 

Recommandations aux auteures et auteurs

 Pour les personnes qui veulent soumettre un article avec arbitrage scientifique dans la rubrique Dossier, veuillez nous faire parvenir un résumé (environ 100 mots), d’ici le 1er novembre 2021, en français en ajoutant cinq mots clés. L’article final, variant entre 15 et 20 pages, devra nous parvenir au plus tard le 15 février 2022. Le résumé et l’article doivent être acheminés par courrier électronique. Les articles de cette rubrique sont arbitrés.

 Pour les personnes qui veulent soumettre un article dans la rubrique Des pratiques à notre image, les articles peuvent varier entre 4 à 8 pages. L’intention de l’article devra nous parvenir avant le 1er novembre 2021. L’article final devra nous parvenir au plus tard le 1er avril 2022. Ces articles sont évalués par les personnes responsables du numéro.
 
Veuillez indiquer votre intention le plus rapidement possible en nous écrivant à l’adresse suivante : dbuetti@uottawa.ca avec une copie conforme (c. c.) à Lynda.Rey@enap.ca.
 
On peut consulter le site de Reflets à l'adresse électronique : https://sciencessociales.uottawa.ca/reflets/
 
Veuillez présenter vos articles selon « Politique éditoriale et Guide de rédaction » de Reflets : https://sciencessociales.uottawa.ca/reflets/politique-editoriale-guide-redaction
 
Responsables du numéro (par ordre alphabétique)
 
David Buetti, Ph. D.
Agent de planification et de recherche
Laboratoire d’intervention en évaluation pour organismes communautaires
 
Isabelle Bourgeois, Ph. D.
Professeure agrégée et Vice-doyenne à la recherche et au développement professionnel
Faculté d’éducation
Université d’Ottawa
 
Lynda Rey, Ph. D.
Professeure adjointe
École nationale d’administration publique
 

Références :

Fetterman, D. M., Kaftarian, S. J., & Wandersman, A. (2015). Empowerment evaluation : knowledge and tools for self-assessment, evaluation capacity building, and accountability (Second edition. ed.). Sage Publications.

Jetté, C., Goyette, M., Rhéaume, J. et Parazelli, M. (2010). Pratiques sociales et pratiques managériales. Nouvelles pratiques sociales, 22(2), 25-34. doi:10.7202/044217ar

Garon, S., & Roy, B. (2001). L’évaluation des organismes communautaires. L’exemple d’un partenariat avec l’État : entre l’espoir et la désillusion. Nouvelles pratiques sociales, 14(1), 97-110.

Goyette, M., & Jetté, C. (2009). La gestion de la qualité du point de vue des pratiques sociales. La Revue de l’innovation dans le secteur public, 14(3).

Lavoie, J. et Panet-Raymond, J. (2014). La pratique de l’action communautaire. Presses de l’Université du Québec.

Lemay, J.-C., Leclair, L., Bélanger, S., et Messikh, D. (2013). Les particularités de l’évaluation pour les groupes communautaires : réflexions et enjeux. Bulletin de la Société québécoise d’évaluation de programme, 25(1), 8-10.

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