Comment nos étudiants diplômés contribuent à des questions complexes de notre société ? – Journée mondiale de la femme

Marie-Lou Villeneuve

Maîtrise – École de service social

La violence sexuelle contre les femmes

 

Parlez-moi de votre parcours ?

Lors de mes études universitaires, au niveau du baccalauréat, je n’avais qu’une envie, soutenir les gens dans le besoin. Comme tous mes collègues de classe, j’étais animée par le désir d’intervenir auprès des personnes les plus vulnérables de notre société. Par contre, à cette époque, j’étais bien loin de me douter que j’allais bientôt être amenée à militer plus activement contre la problématique de la violence faite aux femmes.

J’ai eu l’opportunité de faire un stage dans un refuge pour femmes victimes de violence conjugale, en Belgique. C’était un pur hasard de me retrouver dans ce milieu, mais aujourd’hui, force est d’admettre que ce fût un bien heureux hasard. Tout d’abord, j’ai eu la chance de côtoyer une équipe formidable, avec qui j’ai pu développer ma fibre féministe et m’intéresser aux valeurs associées à ce mouvement, valeurs qui me tiennent encore beaucoup à cœur aujourd’hui.

Qu’est-ce qui vous a motivé ou inspiré à faire de la recherche sur le sujet de la violence sexuelle contre les femmes ?

En revenant au pays, j’ai pris conscience que la violence contre les femmes était également très présente ici, probablement, je dois l’admettre, plus que je l’aurais imaginé. Aussi, au même moment, notre société a été immergée dans différents débats entourant la question de la violence sexuelle et de la culture du viol, où des survivantes ont commencé à parler, à dévoiler et à dénoncer les agressions publiquement. On pourrait penser, entre autres, à l’affaire Ghomeshi et au mouvement #AgressionNonDénoncée, des évènements qui m’ont beaucoup interpelé.

De plus, à mon retour, j’ai décroché un emploi d’intervenante dans une maison d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale et ma réflexion envers la violence sexuelle a continué d’évoluer. Les histoires des femmes m’ont permis de saisir davantage l’ampleur et le ravage qu’engendrent les agressions sexuelles dans leur vie. Ce sont des sévices très douloureux et dévastateurs, qui occasionnent une atteinte profonde à leur identité et leur intimité.

Mes expériences m’ont donc données envie de me questionner davantage sur ce sujet et de débuter une maîtrise en service social, ce qui allait me permettre de produire une recherche sur la réalité sexuelle des femmes survivantes de violence à caractère sexuel. 

Pourquoi votre recherche est importante pour la société ?

Je crois donc, du moins je l’espère, lever un voile sur le sujet et ainsi permettre d’initier une réflexion en lien avec les services qui sont offerts à ces femmes, en misant sur l’importance d’aborder ce sujet en intervention. De cette façon, il serait possible de permettre une meilleure prise de pouvoir sur le corps et la sexualité des femmes survivantes. D’un autre côté, je me plais à croire que chaque recherche qui dénonce la violence faite aux femmes, comme la mienne, peut contribuer positivement à la lutte pour l’égalité et la reconnaissance de la violence comme un phénomène social et omniprésent. Enfin, peut-être que ma recherche pourra donner une réponse aux femmes qui se demandent si elles pourront, un jour, reprendre le pouvoir sur leur corps et leur sexualité.

Qu’aimerez-vous voir ou accomplir dans le futur à ce sujet ?

Dans un futur rapproché, je l’espère, j’aimerais que les survivantes de violence à caractère sexuel soient davantage prises au sérieux, qu’on cesse de banaliser l’ampleur de la problématique et de blâmer les victimes pour un crime dont elles ne sont pas responsables. Pour ce faire, je souhaiterais, par exemple, que le système judiciaire soutienne et défende adéquatement les femmes survivantes.  Il est clair que pour y arriver, il est primordial de poursuivre la lutte pour l’égalité entre les hommes et les femmes. Quand on sait qu’une femme sur trois sera victime d’une forme de violence à caractère sexuel au cours de sa vie, il est évident d’espérer qu’une prise de conscience collective, ainsi que des efforts pour contrer ce phénomène seront mis en place et soutenus, afin d’assurer le droit à la sécurité, à l’intégrité, à la liberté et au respect de toutes les femmes, peu importe leur âge, leur statut, leur culture, leur ethnie, leur croyance religieuse, leur orientation ou leur identité sexuelle.  Enfin, mon désir d’aider les gens s’est transformé en véritable lutte pour l’égalité et les droits des femmes et je serai solidaire, tant qu’il le faudra !

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